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Matasci Vini

22/06/2026

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Le vin rosé : bien plus qu’un vin d’été

Il vin rosé fut un temps le vin que personne ne voulait choisir en premier.

Trop léger pour les amateurs de rouges, trop marqué pour ceux qui préféraient les blancs.

Pendant des années, il est resté dans une sorte de zone intermédiaire, souvent associé plus à l'été qu'à la qualité.

Aujourd'hui, en revanche, c'est l'une des catégories les plus dynamiques du monde du vin.

Non pas que les rosés aient changé. Dans de nombreux cas, ce sont les consommateurs qui ont changé.

On recherche des vins capables d'accompagner différentes occasions, faciles à apprécier mais non dénués de personnalité pour autant. Des vins qui savent raconter un terroir sans nécessairement exiger une occasion spéciale.

Dans ce scénario, le rosé a trouvé sa place.

Comment naît un vin rosé ?

La personnalité d'un rosé se construit en quelques heures.

Contrairement à un vin rouge, qui peut rester en contact avec les peaux pendant des jours ou des semaines, le rosé naît d'une macération très courte. C'est à ce moment-là que le moût extrait une partie de la couleur, des arômes et de la structure contenus dans les peaux des raisins rouges.

Une fois l'équilibre désiré atteint, le moût est séparé des peaux et la fermentation se poursuit comme pour un vin blanc.

Cela peut sembler un détail technique, mais c'est précisément là que se joue une grande partie de la personnalité du vin. Quelques heures de différence suffisent pour obtenir des couleurs, des parfums et des structures très différents les uns des autres.

C'est aussi pour cette raison que de nombreux producteurs considèrent le rosé comme l'une des typologies les plus délicates à interpréter.

 

Un vin ancien qui parle au goût d'aujourd'hui

Paradoxalement, l'un des vins perçus comme les plus modernes pourrait aussi être l'un des plus anciens.

Selon plusieurs chercheurs, les vins consommés dans la Grèce antique et la Rome antique étaient généralement plus clairs que les vins rouges actuels. Les longues macérations qui permettent aujourd'hui d'obtenir des couleurs intenses et des structures importantes ne se sont répandues que plus tard. Dans un certain sens, les premiers vins de l'histoire ressemblaient plus à certains rosés contemporains qu'aux rouges que nous connaissons aujourd'hui.

La couleur en dit aussi beaucoup plus qu'on ne le pense.

Ces dernières années, le succès des rosés provençaux a contribué à diffuser l'idée qu'une couleur très pâle est synonyme d'élégance. En réalité, il n'existe aucune relation directe entre l'intensité chromatique et la qualité.

Il suffit de verser deux rosés dans le verre pour s'en rendre compte. L'un peut sentir les agrumes et les fleurs blanches, l'autre la grenade et les petits fruits rouges. L'un peut être délicat et presque impalpable, l'autre capable d'accompagner tout un repas.

Du rose poudré au saumon, jusqu'aux tonalités plus intenses du Cerasuolo d'Abruzzo, chaque nuance raconte un choix stylistique, un terroir et une interprétation différente du vin.

 

Pourquoi les rosés plaisent de plus en plus

Le succès des vins rosés raconte aussi un changement dans la manière de boire du vin.

On boit moins qu'avant, mais on choisit avec plus d'attention. L'intérêt pour les vins qui ont quelque chose à raconter, territoriaux et capables d'accompagner différents moments de la journée et de la table, grandit.

Le rosé occupe parfaitement cet espace.

Il a de la fraîcheur, mais aussi du caractère. Il est immédiat sans être banal et polyvalent sans devenir anonyme.

C'est peut-être aussi pour cela qu'on le trouve de plus en plus souvent à table.

Sa capacité à accompagner les poissons grillés, les crustacés, la cuisine méditerranéenne, la charcuterie, les viandes blanches, les plats végétariens ou les préparations légèrement épicées en fait l'un des vins les plus polyvalents en termes d'accords.

Ce n'est pas un hasard si de nombreux sommeliers le considèrent comme l'une des catégories les plus intéressantes à proposer tout au long d'un repas et pas seulement à l'heure de l'apéritif.

De la Provence à la Suisse : chaque terroir a son rosé

Comme pour de nombreux grands vins, le rosé change de visage d'un terroir à l'autre.

La Provence est probablement la référence la plus connue au niveau international, avec des vins élégants, délicats et caractérisés par une grande buvabilité.

En Italie, en revanche, coexistent des styles très différents : du Chiaretto del Garda au Cerasuolo d'Abruzzo, en passant par les rosés du Sud, souvent plus intenses et gastronomiques. La Suisse aussi possède une tradition moins connue mais riche en personnalité.

Dans la région des Trois-Lacs naît l'Œil-de-Perdrix, un rosé historique neuchâtelois obtenu à partir de Pinot Noir. Son nom, qui signifie littéralement "œil de perdrix", évoque la délicate tonalité du vin et est aujourd'hui l'une des spécialités les plus représentatives de la viticulture suisse.

 

Le Merlot rosé : l'une des expressions les plus fascinantes du Tessin

Lorsque l'on pense au Merlot tessinois, la première pensée se tourne naturellement vers les grands vins rouges qui ont fait la renommée du Canton. Pourtant, le Merlot peut raconter bien plus qu'une seule histoire.

Arrivé au Tessin à la fin du XIXe siècle pour remplacer les vignobles frappés par le phylloxéra, ce cépage a trouvé des conditions idéales pour s'exprimer de différentes manières. Aujourd'hui, il est le protagoniste non seulement des vins rouges, mais aussi des interprétations en blanc et d'élégantes versions en rosé.

 

Le Merlot rosé représente l'une des expressions les moins connues et les plus fascinantes de la viticulture tessinoise. Il conserve une partie de la personnalité du cépage, mais l'interprète d'une manière plus fraîche et dynamique, avec des arômes qui peuvent rappeler les petits fruits rouges, les agrumes et les fleurs blanches.

Il y a aussi un aspect peu connu qui rend le Tessin particulièrement intéressant.

Peu de régions viticoles au monde ont construit leur identité autour d'un seul cépage capable de s'exprimer de manière si différente. Au Tessin, le Merlot est en effet le protagoniste de vins rouges, blancs et rosés, chacun avec sa propre personnalité.

Une polyvalence qui témoigne non seulement de la valeur du cépage, mais aussi de la capacité des producteurs à l'interpréter sous des formes toujours nouvelles.

 

Bien plus qu'une tendance

Réduire le rosé à un vin à boire uniquement pendant l'été, c'est ne pas en saisir la véritable nature.

Les meilleurs vins rosés racontent des terroirs, des traditions et des choix de production différents. Ils peuvent être légers ou structurés, immédiats ou complexes, parfaits pour un apéritif comme pour un dîner.

Au fond, le succès des rosés raconte quelque chose qui va au-delà de cette catégorie.

Il raconte un monde du vin moins rigide, moins lié aux étiquettes et plus attentif au plaisir de la découverte.

Un monde où un grand vin n'est pas forcément le plus cher, le plus structuré ou le plus complexe.

Il doit simplement être capable de raconter une histoire et de se faire souvenir.

Les meilleurs rosés, aujourd'hui, savent faire exactement cela.

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